Rousson, commune à caractère semi-rural, possède un patrimoine historique riche.  

Le « pic du Castellas », marque de la grande valeur patrimoniale de ce lieu, témoin d'un pan de l'histoire du Languedoc au pied des Cévennes.
Dès la préhistoire, la « Grotte du loup », cavité située sur le piton remarquable de « Rosone » à 397m d’altitude a abrité quelques peuplades préhistoriques. Témoins de cette occupation humaine,  les vestiges retrouvés lors de fouilles archéologiques (fond d’amphores, monnaies, petites haches polies..) sont aujourd’hui visibles au musée du Colombier d’Alès.
Crédit Vidéo : Jean Drone

Dominant la rivière Avène et la voie du Vivarais, ce site eut dès l’Antiquité un rôle de défense et de contrôle. Au haut Moyen-âge, c’est autour de ce piton rocheux que s’installent les premières familles de paysans, maçons, charpentiers, forgerons, bâtisseurs d’un château féodal établi sur une ancienne citadelle gallo-romaine, le Castrum de Rosone

Le roi Louis VII dit Le Jeune en fait don aux évêques d’Uzès en 1156. Il est alors investi par la puissante dynastie des Pelet, seigneurs d’Alais. En 1247, après la croisade des Albigeois et la réunion du Languedoc au Royaume de France, le château fut incendié par les troupes du Sénéchal de Beaucaire, par vengeance, en raison du refus de la jeune baronne Alaïs de Rousson de céder à ses avances.
Crédit photo Radio France - Servane Estarellas
chateau de ROUSSON
Ces évènements amorcent le déclin, le pillage et la démolition définitive de la forteresse seigneuriale. En empruntant le chemin caillouteux qui s’élève vers le sommet de la colline, le promeneur peut encore aujourd’hui observer, malgré les démantèlements, les quelques restes du castrum médiéval : un pan de muraille en calcaire local, vestige d’une petite chapelle privée, blottie entre les bases du donjon et la falaise.

Au pied du site, sur son flanc, la Chapelle St Martin, joyau de l’architecture romane dresse depuis le XIIème siècle son imposante silhouette rehaussée de son massif clocher-mur, dominant fièrement le magnifique « Plateau de Rousson ». Restaurée dans les années 80, la chapelle est aujourd’hui un lieu dédié à la culture (expositions, concerts, festivals…)

Un château où flotte un parfum de légendes

C’est plus bas, dans la plaine, sur un site plus commode d’accès que fut bâti entre 1600 et 1615, le « Château de Trouilhas », par la famille Agulhac de Beaumefort, gouverneurs du comté sur plusieurs générations, qui siégeaient aux Etats du Languedoc. Le château, bâti sur une ancienne ferme fortifiée, sur un promontoire, avec ses 28 m de côté flanqué de quatre tours percées de meurtrières, avec une cour intérieure, avait un rôle défensif et protecteur pour la région et a abrité une garnison d’hommes d’arme, à l’époque des mousquetaires. Ce fief, très catholique, a été attaqué et endommagé par les protestants à plusieurs reprises. C’est dans ce château que le roi Louis XIII et Richelieu, venus signer la paix d’Alès, auraient dormi en 1629. Jusqu'à la Révolution, les Agulhac de Beaumefort joueront un rôle important dans le pays, administrant la région, rendant la justice, percevant les impôts…Sous la Révolution, les quatre tours qui dépassaient autrefois de la toiture furent en partie démolies.
Après la tourmente révolutionnaire, le propriétaire du château, M. Duclaux de Farelle (descendant de la famille d’Agulhac) se contenta de les faire couvrir au niveau où elles sont aujourd’hui. On raconte que le fantôme de la dernière descendante de la famille d’Agulhac, Blanche de Lédenon, hante encore parfois le château.

En effet, cette jeune amoureuse fut enfermée plusieurs années au couvent et dans de multiples cachots afin de l’empêcher d’épouser l’homme qu’elle aimait, François de Vedel. Elle réussit tout de même à faire ce mariage et à hériter du château, mais, épuisée, elle mourut en 1785, après trois ans seulement de mariage et de vie de châtelaine, sans enfants.

Son mari devint propriétaire des lieux, se remaria, mourut à son tour. Il est amusant de noter que sa seconde femme épousa par la suite un allié de la famille d’Agulhac. Occupé depuis quatre siècles par une même lignée familiale, le château a conservé son aspect d’origine, sévère et sobre. Il est, depuis 1972, inscrit aux monuments historiques.

Blason

Image
Les armoiries de Rousson sont d’hermine, une face losangée d’or et d’azur.